tout sur la tnt
Public Sénat : l’autre chaîne d’info
En sept ans d’existence la chaîne de Jean-Pierre Elkabbach a su innover avec peu de moyen. La preuve sur le canal 13 de votre décodeur TNT.
Les chaînes de la TNT n’ont pas toutes le même point de vue. Quand l’équipe de Gulli, de son siège de la rue Oradour-sur-Glane a le périph en ligne de mire, les journalistes de Public Sénat dominent le jardin du Luxembourg.
C’est en effet au cœur du Sénat – un dédale ! - que la chaîne vit son petit bonhomme de chemin depuis 1999. Une rédaction toute en longueur, une régie et un studio de poche constituent le maigre domaine alloué à cette chaîne qui, même si elle partage à parité son canal (le 13) avec sa consoeur de l’Assemblée nationale ( LCP- Assemblée nationale) reste une entité à part entière.
Sa mission telle que la définit son président est d’être « un veilleur permanent de la République. Offrir ce que les grandes chaînes ne peuvent offrir : du temps, de la distance, du débat de fond... »
Du service public pur jus en somme dont, de toute façon, Public Sénat ne pourrait se départir, budget riquiqui oblige -13,5 millions d’euros par an votés par le parlement. « Une seule journée de TF1 permet à Public Sénat de vivre un an répète à l’envi Elkabbach ».
Aussi, la politique qui domine est celle de la débrouille. Exemples. Le décor de l’unique studio est le même pour presque toutes les émissions, seules les images diffusées sur les écrans plasmas incrustés dans les murs changent.
Pour s’assurer une présence sur le dernier salon de l’agriculture, Public Sénat a monté un partenariat avec la FNSEA : le syndicat offrait une partie de son stand pour monter un plateau de direct à la chaîne. Dans le même registre, Public Sénat a acquis pour zéro euro l’exclusivité des images de l’ONU (dont les débats du conseil de sécurité), les trois « débats » des primaires socialistes en octobre dernier et le dernier « Forum Elle » où tous les candidats à la Présidentielle ont défilé.
Mais débrouille ne veut pas dire amateurisme, comme en témoigne la présence à l’antenne de trois pros qui cumulent savoir-faire et notoriété : Pierre Sled, Jean-Marie Colombani, Jacques Attali, Aida Touihri et Gilles Leclerc. Elkabbach mouille aussi la chemise un soir par semaine pour une émission culturelle présentée dans un lieu majestueux et interdit au public : la bibliothèque Médicis.
Outre ces magazines et débats : des directs quotidiens depuis l’hémicycle – lors des séances –, des portraits de sénateurs et de l’info et des documentaires, suivis d'un débat présenté par Aida Touihri, dans la case du samedi soir.
En 1999, le Parlement fixait à la chaîne une ligne de conduite former le citoyen à la vie publique. En 2007, le moins que l’on puisse dire est que Public Sénat est loin du compte. Elle fait bien mieux…
Stéphane Roszewitch
fiche d'identité de la chaîne public sénat
Public Sénat est avec LCP-Assemblée nationale la seule chaîne non soumise à l’autorité des CSA. C’est le Parlement ( détenteur de 100% du capital) qui fixe la ligne de conduite : « La Chaîne a une mission de service public : l'information et la formation des citoyens à la vie publique par des programmes parlementaires, éducatifs et civiques. Elle doit veiller à l'impartialité de ses programmes. »
Peu perméable à l’audimat – l’audience n’est pas mesurée - la chaîne peut consacrer exceptionnellement de longues plages de direct, inédites jusqu’alors. L’esprit d’initiative de sa rédaction ( 20 journalistes) lui permet d’être novatrice dans sa manière de traiter l’actualité.
Le morcellement de l’antenne, partagée avec LCP-AN, rend peu lisible la grille. Le budget limité implique une faible place aux reportages.
contact de la chaîne Public Sénat
92 boulevard Raspail - 75006 Paris
01 42 34 44 00
Retrouvez le programme télé de la chaîne TNT Public Sénat avec tv-grandes-chaines.fr

