
15/02/2010 - 10:44
On les appelle communément les « zones d’ombre », mais le terme approprié est « zones non couvertes par voie terrestre ». Pour les habitants desdites zones, peu importe la sémantique : ils constatent simplement qu’ils font figure de laissés-pour-compte de la diffusion télé hertzienne. En effet, sans parabole satellite, sans abonnement au câble ou à l’Internet haut débit, leur écran reste invariablement noir. Qu’ils résident à flanc de montagne ou en bord de mer, les ondes hertziennes peinent à atteindre leur antenne râteau.
Le CSA se veut rassurant
Selon les chiffres avancés par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), environ un million de foyers (4 % de la population) sont aujourd’hui privés d’analogique par voie terrestre et ont dû opter pour des modes de réception alternatifs. Mais, à mesure que la France bascule vers le tout numérique, que l’analogique terrestre cède sa place à la TNT, les craintes que ce nombre augmente se font plus importantes.
Le CSA se veut rassurant, arguant que la qualité du signal numérique est meilleure que celle de l’analogique. Et d’avancer un exemple, celui de la très montagneuse Haute-Savoie : « La couverture numérique de certains multiplex y atteindra au moins 91,6 % de la population, ce qui dépasse la couverture standard analogique actuelle de TF1 ou de France 3 (86,3 %). » Ainsi, selon ses calculs, sur la totalité du territoire métropolitain, seuls 150 000 nouveaux foyers devraient pâtir du passage au numérique. Ce qui n’est théoriquement pas préjudiciable puisque, grâce à la loi sur l’audiovisuel votée à l’Assemblée le 17 décembre 2009, ces foyers bénéficieront d’une aide de l’État de 250 euros (sans conditions de ressources) pour s’équiper en parabole. Le problème est que ce chiffre de 150 000 est contesté. « On ne peut pas avancer un tel nombre aujourd’hui sans avoir réalisé d’études préalables, souligne Fayçal Daouadji, porte-parole de France télé numérique, le groupement d’intérêt public chargé du passage au numérique. Or ces études s’effectuent peu à peu, région par région et sur site uniquement. »
Une véritable estimation est impossible
Le CSA n’est, en fait, pas encore en mesure d’évaluer le nombre de Français qui devront jeter leur antenne râteau à la poubelle. Pourquoi le fait-il quand même ? « Je pense que c’est de la comm’, assure Gilles Misslin, ingénieur consultant auprès de la société CTIC, un cabinet de conseil en radiodiffusion, et lui-même ancien du CSA. Ainsi, le Conseil laisse penser, dans ses communiqués, que la TNT couvre mieux le territoire que l’analogique terrestre. Dans certaines zones, en augmentant ponctuellement la puissance d’un émetteur, comme récemment en Alsace – en l’occurrence celui de Mulhouse pour le Haut-Rhin –, on peut gommer quelques problèmes de récep¬tion. Potentiellement, c’est vrai. Mais à l’échelle nationale, c’est un non-sens : comment voulez-vous arriver au même résultat que l’analogique avec le numérique, en enlevant 2 000 émetteurs et en n’augmentant pas systématiquement la puissance d’émission ? C’est impossible ! » Il est donc utopique d’espérer connaître aujourd’hui, même à la louche, le nombre de foyers dont l’écran deviendra noir en novembre 2011, date à laquelle la France sera passée au 100 % numérique.
En attendant, les députés peuvent avoir des sueurs froides. En votant une aide publique de 250 euros sans conditions de ressources destinée aux foyers concernés par les zones d’ombre, ils se fiaient aux chiffres du CSA. Si ces derniers sont sous-estimés, l’enveloppe d’aide l’est tout autant…
Télé numérique : incertitude sur les zones d’ombre
Avec le passage au numérique, de nouveaux foyers risquent de se retrouver sans télévision émise par voie terrestre. Le CSA évoque 150 000 cas. D’autres experts se montrent plus pessimistes…
On les appelle communément les « zones d’ombre », mais le terme approprié est « zones non couvertes par voie terrestre ». Pour les habitants desdites zones, peu importe la sémantique : ils constatent simplement qu’ils font figure de laissés-pour-compte de la diffusion télé hertzienne. En effet, sans parabole satellite, sans abonnement au câble ou à l’Internet haut débit, leur écran reste invariablement noir. Qu’ils résident à flanc de montagne ou en bord de mer, les ondes hertziennes peinent à atteindre leur antenne râteau.
Le CSA se veut rassurant
Selon les chiffres avancés par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), environ un million de foyers (4 % de la population) sont aujourd’hui privés d’analogique par voie terrestre et ont dû opter pour des modes de réception alternatifs. Mais, à mesure que la France bascule vers le tout numérique, que l’analogique terrestre cède sa place à la TNT, les craintes que ce nombre augmente se font plus importantes.
Le CSA se veut rassurant, arguant que la qualité du signal numérique est meilleure que celle de l’analogique. Et d’avancer un exemple, celui de la très montagneuse Haute-Savoie : « La couverture numérique de certains multiplex y atteindra au moins 91,6 % de la population, ce qui dépasse la couverture standard analogique actuelle de TF1 ou de France 3 (86,3 %). » Ainsi, selon ses calculs, sur la totalité du territoire métropolitain, seuls 150 000 nouveaux foyers devraient pâtir du passage au numérique. Ce qui n’est théoriquement pas préjudiciable puisque, grâce à la loi sur l’audiovisuel votée à l’Assemblée le 17 décembre 2009, ces foyers bénéficieront d’une aide de l’État de 250 euros (sans conditions de ressources) pour s’équiper en parabole. Le problème est que ce chiffre de 150 000 est contesté. « On ne peut pas avancer un tel nombre aujourd’hui sans avoir réalisé d’études préalables, souligne Fayçal Daouadji, porte-parole de France télé numérique, le groupement d’intérêt public chargé du passage au numérique. Or ces études s’effectuent peu à peu, région par région et sur site uniquement. »
Une véritable estimation est impossible
Le CSA n’est, en fait, pas encore en mesure d’évaluer le nombre de Français qui devront jeter leur antenne râteau à la poubelle. Pourquoi le fait-il quand même ? « Je pense que c’est de la comm’, assure Gilles Misslin, ingénieur consultant auprès de la société CTIC, un cabinet de conseil en radiodiffusion, et lui-même ancien du CSA. Ainsi, le Conseil laisse penser, dans ses communiqués, que la TNT couvre mieux le territoire que l’analogique terrestre. Dans certaines zones, en augmentant ponctuellement la puissance d’un émetteur, comme récemment en Alsace – en l’occurrence celui de Mulhouse pour le Haut-Rhin –, on peut gommer quelques problèmes de récep¬tion. Potentiellement, c’est vrai. Mais à l’échelle nationale, c’est un non-sens : comment voulez-vous arriver au même résultat que l’analogique avec le numérique, en enlevant 2 000 émetteurs et en n’augmentant pas systématiquement la puissance d’émission ? C’est impossible ! » Il est donc utopique d’espérer connaître aujourd’hui, même à la louche, le nombre de foyers dont l’écran deviendra noir en novembre 2011, date à laquelle la France sera passée au 100 % numérique.
En attendant, les députés peuvent avoir des sueurs froides. En votant une aide publique de 250 euros sans conditions de ressources destinée aux foyers concernés par les zones d’ombre, ils se fiaient aux chiffres du CSA. Si ces derniers sont sous-estimés, l’enveloppe d’aide l’est tout autant…
S. R.
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